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Cela fait longtemps que je cherche une forme adaptée à donner à une bande dessinée qui regrouperait des condensés de vie, rêves, micro-événements, biographies lapidaires, courts docu sociologiques, poésies, fragments autobiographiques et micro-fictions rassemblés dans un recueil qui suggérerait au lecteur le déroulement d'une pensée.
J'ai laissé venir les idées, de mes souvenirs, de mes observations, de mes rêveries debout, attendant de saisir l'occasion d'une faille dans la réalité pour plonger dans cet interstice et rendre visible, dévoiler, la poésie, l'absurde, le fantastique, l'inéluctable destin de vies. La narration est organisée selon des événements en chaîne con-séquentiels ou elle use de feintes narratives, pour renforcer l'effet de la chute absurde du récit, correspondant volontairement à la chute réelle ou morale du personnage.
J'ai donc noté pendant un certain temps ces idées, j'en ai fait des phrases, je les ai reprises maintes fois, les corrigeant encore et encore avant de passer au dessin. Les dessins qui sont libérés des cases, naviguant dans la page parcourue d'assez larges espaces blancs s'équilibrent avec la disposition des textes volontairement sobres ou économes, ce qui a pour but de rendre encore plus évident l'aspect baroque de l'imaginaire mis en jeu.
Il faut se laisser aller à la rêverie et que ça puisse être une invitation au lecteur pour m'y suivre.
En bande dessinée, déjà José Parrondo et François Ayroles dans certains de leurs ouvrages ont défriché ces territoires, qui sont en fait bien plus familiers à la littérature par exemple avec Marcel Schwob, Richard Brautigan ou Dino Buzzatti.
Les idées sont des objets trouvés, on ne s'attend pas à ramasser sur le bord du chemin telle ou telle chose au rebut, q
ui a été jetée parce qu'elle est cassée ou qu'elle ne sert plus ou même parce qu'elle a été oubliée, le hasard a fait que j'ai pris cette route, un après-midi par exemple et que j'ai ramassé un objet plutôt qu'un autre. Je me suis laissé allé sur le chemin, j'ai vu des choses qui traînaient par terre, j'ai ramassé celle-ci et pas une autre, ainsi j'ai fait déjà un tri, mais sans totale conscience du pourquoi de mon choix. J'ai fait de même avec les idées et au bout du compte j'en ai fait un chapelet d'histoires. Les réunissant, cela fait un tout et de ce tout se dégage l'idée générale du livre, mais au moment de ramasser ces idées, je n'avais qu'une faible conscience qu'il pourrait naître un sens de leur regroupement. J'ai laissé mon esprit, une part de conscience agir à ma place, d'une manière « automatique ». Au final le livre fait émerger l'idée générale et me laisse entrevoir ce qui était ma motivation plus ou moins consciente lors de la collecte.
Au final, ce recueil ressemble à une nature-morte, même s'il y est beaucoup question de paysages mentaux ou réels. A une vanité, même, cette métaphore du temps qui passe, où le tem
ps s'arrête un instant sur des objets rassemblés sur une table, où les sens de perception sont sollicités jusqu'à l'outrance pour exacerber notre angoisse quant aux mystères qui accompagent notre présence sur cette terre et en font un questionnment métaphysique.



 "Un délicieux recueil de poésie graphique.
Bijoux ciselés sur une ou quelques pages, les Objets Trouvés de
Vanoli livrent un bel aperçu de son univers: large palette de
textures jouant sur toutes les teintes du noir au blanc, influences du
romantisme et de l’expressionnisme, mélancolie tempérée par des traits
d’humour bien sentis. Mais le recueil de l’auteur, depuis 1989, de
quelque 35livres dont la majorité à L’Association (Le contrôleur de
vérité, 1999; Contes de la désolation, 2002 et 2004; La clinique,
2009; L’œil de la nuit, 2012…), est aussi une merveille de poésie
graphique. La première «nouvelle» donne le ton, qui concentre en
rimes, sur trois pages, l’essentiel d’une action de contrebande.
Contemplatif pour observer «le disque solaire, assiette de feu
orgiaque et désespéré»et la chorégraphie des pattes d’un insecte figé
dans son vol, espiègle lorsqu’il évoque la traque d’un lion qui se
révèle être celui de saint Jérôme, échappé d’un tableau de Joachim
Patinir, Vincent Vanoli navigue entre rêves, fantasmes et réalité. Il
raconte l’histoire
d’un homme qui, habitant à Saint-Jacques, au 15, rue de Monfort, et
réalisant qu’il existe un 51, rue Saint-Jacques à Monfort, crée une
association d’habitants d’adresses inversées. Il montre comment la
nuit s’empare du jour à la manière d’une tache d’encre. Il retrace une
expédition à la recherche d’une météorite qui ressemble à… une tête
géante de Mickey. Il rêvasse sur les falaises d’Etretat. Parfois, il
tire vers le haïku: «Je suis une ville/Tranquille/Silencieuse/Sans
histoires."
 Fabrice Piault dans Livre-Hebdo, mai 2017


   "Recueil original, Objets Trouvés est un excellent album de Vincent
Vanoli publié aux éditions La Pastèque.
Après le magnifique Rocco et la toison (L’Association), Vincent Vanoli

propose des récits courts dans Objets trouvés, entre poésie, réalité
et destins hors-norme.
De Mardochée – l’histoire d’un renard venu chercher le corps  d’un naufragé – à La guerre d’Alfredo (en Algérie) en passant par L’association des adresses inversés, Philippe qui décide de partir
loin pour fuir son collègue professeur, Tim Hardin  créateur de la
chanson « If I were a Carpenter », Les élèves oubliés qui forment une tribu dans le bois, Le secret ou l’histoire d’un enfant qui scrute le
sol, ainsi que La traversée qui conte l’arrivée du recteur d’académie
dans un collège; tout est bon pour raconter des histoires. Car, oui,
Vincent Vanoli est un formidable conteur, subtil et précis comme dans
ses précédentes publications.
Ses récits (entre une et trois pages) bénéficient de son trait d’une
grande élégance en noir et blanc. Parfois fouillé et parfois
évanescent ou abstrait, son dessin charme le lecteur par sa beauté."
Damien Canteau Dans Comixtrip, mai 2017

 "La chose est venue me traquer...
Publié avec le concours du Conseil des arts du Canada. Je ne sais plus, après avoir lu ce livre de Vanoli, si, je dois vous recommander, comme le fit, Théodule Duchesne, de vous intéresser au cas des adresses inversées. En tous cas voici une occasion de connaître Mardochée. Il y a aussi un renard qui connaît tous les terriers de la lande, ce qui n'est pas vraiment rassurant. Vanoli est incontestablement intéressé par les Calligrammes d'Apollinaire, par la poésie de Prévert, et par le Surréalisme. Pendant ce temps, deux enfants s'amusent à déplacer des pierres. Si, vous n'avezjamais joué à cela, peut-être que vous n'avez pas eu de véritable enfance. Au fait, saviez-vous qu'à la fin du XVIIe siècle, aux Pays-Bas, Antoni Van Leeuwenhoek découvrit les spermatozoïdes ? Si vous souhaitez rejoindre le camps des hyperlucides quelque peu délirants, sans vous intégrer dans l'univers des nouveaux-bobos macroniens, alors, cet ouvrage d'incitation à la mise à distance de tout et de tous, est fait pour vous."
Blog des arts, juin 2017


Coup de cœur de la librairie Super héros, Paris, mai 2107.
"Absurde, triste, difficile, drôle, hors norme, simple, heureuse.
VANOLI nous conte la vie, et bien plus encore. Magnifique!"
Côme