« Joli club de rencontre lo-fi autour de Herman Düne.
Ça pourrait être les Basement Tapes, on y sent cette urgence, ce dénuement imposé, cette fièvre et ferveur qui s’emparent des hommes –on y sent aussi l’ombre de Dylan, sur Fifty Years In Vegas ou Watch, notamment. Mais c’est à Colmar, sous la houlette de l’association Hiéro, que s’est enregistré autour de Herman Düne (en résidence pendant deux semaines en 2004), cet album-atelier. Un club de rencontres et de dialogues où Herman Düne a invité d’autres hobos lo-fi, rencontrés de Brooklyn à Paris, lors de ses infatigables tournées. Un verre de vin d’Alsace et une amitié solide, née sur la route, ont fait le reste : un magnéto 4-pistes, dans cette salle de Colmar, consigne les échanges musicaux, enregistre les accidents, les retrouvailles (un vibrant duo entre Red et André Herman Düne). Et ces chansons ressemblent furieusement aux belles illustrations de Vincent Vanoli dans le livret : griffonnées en noir et blanc, dans l’urgence et l’euphorie, joyeuses, béates même, habitées, grouillantes de vie. Outre les hôtes sur une poignée de titres –toujours sidérant de sérénité quand ils jouent ainsi à l’arrache-, c’est Jack « Lesser » Lewis (frère du gourou anti-folk Jeffrey Lewis et ici, idéal en Pavement nonchalant), l’écriture solennelle de Spide ou le folk en cristal de Prewar Yardsale & Clémence Freischard qui impressionnent sur ce petit manifeste où la fidélité en amitié s’est enregistrée en basse-fidélité. Ce n’est certainement pas ça qui va arrêter les bonnes vibrations. »


Chronique de Simon Triquet dans les Inrockuptibles n°529 d’octobre 2006

A noter que s’ajoutent au livret, les splendides photos de Dorian Rollin ainsi que des textes de Fabrice Voné et Emmanuel Dumez.